Aller au contenu
sauvermon épargne

Retraite

Minimum contributif 2026 : la retraite minimum et qui y a droit

En 2026, le minimum contributif relève la retraite de base à 756 ou 904 € brut par mois, au taux plein et sous un plafond de 1 411 €. Qui y a droit, et combien.

7 min de lecture · Mis à jour le

Par La rédaction de Sauver mon épargne

On entend souvent qu'« il existe une retraite minimum ». C'est vrai… à moitié. En 2026, le minimum contributif garantit 756,29 € ou 903,94 € brut par mois, mais seulement sur votre retraite de base, seulement si vous partez au taux plein, et jamais au-delà de 1 410,89 € brut toutes retraites confondues. Si vous avez eu des années à temps partiel, au chômage ou en congé parental, voici ce que ce filet de sécurité couvre vraiment, et ce qu'il ne couvre pas.

Existe-t-il vraiment une retraite minimum ?

Oui, mais pas celle qu'on imagine. Le minimum contributif (souvent abrégé « MiCo ») n'est pas une somme versée à tout le monde. C'est un plancher appliqué à votre pension de base : si le calcul habituel donne un montant trop faible, l'Assurance retraite le relève jusqu'au minimum.

Trois points à retenir dès maintenant :

  • Il ne concerne que la retraite de base de l'Assurance retraite (salariés du privé, contractuels de la fonction publique, artisans et commerçants) et de la MSA. Votre retraite complémentaire Agirc-Arrco n'a pas de minimum : elle dépend uniquement de vos points.
  • Il est automatique. Aucune demande à faire : il est appliqué quand vous liquidez votre retraite, si vous remplissez les conditions.
  • Ce n'est pas le minimum vieillesse. L'Aspa (allocation de solidarité aux personnes âgées) est une aide soumise à conditions de ressources, versée à partir de 65 ans et récupérable sur la succession. Le minimum contributif, lui, est un droit lié à vos cotisations et n'est jamais récupéré sur l'héritage.

Le dispositif n'a rien de marginal : en 2022, environ 18 % des nouveaux retraités du régime général en bénéficiaient, selon la DREES.

Combien en 2026 ?

Le montant dépend surtout du nombre de trimestres « cotisés », c'est-à-dire les trimestres où vous avez réellement travaillé et payé des cotisations retraite. Voici les montants pour un départ en 2026 avant 67 ans, au taux plein, pour une personne née en 1969 ou après (172 trimestres exigés).

Votre situationTrimestres cotisésVotre minimum de base (brut/mois)
Moins de 120 trimestres cotisés110756,29 €
Plus de 120 trimestres cotisés130867,89 €
Plus de 120 trimestres cotisés150885,05 €
Tous les trimestres exigés cotisés172903,94 €

La règle à retenir : sous 120 trimestres cotisés, vous avez le minimum « simple » de 756,29 €. Au-delà, chaque trimestre cotisé vous rapproche du minimum « majoré » de 903,94 €, atteint quand tous les trimestres exigés sont cotisés.

Ces montants ont été revalorisés de 1,18 % au 1er janvier 2026 et ne valent que pour les départs en 2026. Si vous avez 35 ou 45 ans aujourd'hui, vous partirez avec des montants revalorisés d'ici là : prenez-les comme un ordre de grandeur, pas comme une promesse.

Qui y a droit ?

Deux conditions, toutes deux indispensables.

Partir au taux plein. Le taux plein, c'est la retraite de base sans décote (sans réduction). Vous l'obtenez soit en ayant tous vos trimestres avant 67 ans (172 trimestres pour les personnes nées à partir de 1969), soit en attendant 67 ans, quel que soit votre nombre de trimestres. Si vous partez avec une décote, pas de minimum contributif.

Avoir demandé toutes vos retraites. Base et complémentaires, en France comme à l'étranger. L'Assurance retraite doit connaître le total de vos pensions avant d'appliquer le minimum.

Un cas reste moins favorable : si vous attendez 67 ans pour obtenir le taux plein sans avoir tous vos trimestres, le minimum est réduit au prorata. Avec 140 trimestres sur 172 exigés, il tombe à environ 616 € brut par mois.

Pourquoi vous pouvez toucher moins que ce minimum

C'est la partie que l'on découvre souvent trop tard. Le minimum a un plafond : il ne peut pas porter le total de vos retraites (base + complémentaires, tous régimes, français et étrangers) au-delà de 1 410,89 € brut par mois en 2026. Si le total dépasse, le coup de pouce est réduit d'autant.

Prenons Sophie, 40 ans (cas type), salariée du privé. Elle part à 64 ans avec ses 172 trimestres, dont 150 cotisés. Le calcul classique de sa retraite de base donne 650 € brut. Le minimum contributif la relève à 885,05 €, soit 235,05 € de plus par mois.

Retraite complémentaire de SophieCe qu'elle aurait sans plafondCe qu'elle touche vraiment (total)Coup de pouce du minimum
500 €1 385,05 €1 385,05 €235,05 €
600 €1 485,05 €1 410,89 €160,89 €
800 €1 685,05 €1 410,89 €0 €

Avec 800 € de complémentaire, le minimum ne lui apporte plus rien : 650 € + 800 € dépassent déjà le plafond. Autrement dit, plus votre complémentaire est solide, moins le minimum contributif joue. Il protège surtout les très petites carrières.

Temps partiel, chômage, congé parental : ces années comptent-elles ?

Il faut distinguer deux choses : les trimestres qui comptent pour le taux plein, et les trimestres « cotisés » qui comptent pour le minimum majoré.

Le temps partiel compte, et souvent plein pot. Un trimestre est validé dès que vous gagnez l'équivalent de 150 heures au Smic, soit environ 1 850 € brut, dans la limite de 4 trimestres par an. Il suffit donc d'environ 7 390 € brut sur l'année (environ 616 € brut par mois) pour valider une année complète. Un mi-temps payé au Smic, soit 933,51 € brut par mois, valide ses 4 trimestres, et ce sont des trimestres cotisés. Pour Sophie, ses 8 années à mi-temps ne lui font donc perdre aucun trimestre.

Chômage, maladie, maternité : utiles pour le taux plein, pas pour le minimum majoré. Ces périodes sont « assimilées » : elles comptent dans votre durée d'assurance (donc pour atteindre 172 trimestres), mais pas comme trimestres cotisés pour le calcul du minimum. Sophie a ainsi 22 trimestres de chômage et de congés maternité qui l'aident à partir au taux plein, sans augmenter son minimum.

Congé parental et aidants. Les parents au foyer et les aidants peuvent être affiliés à l'assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF). Depuis septembre 2023, une partie de ces trimestres, dans une limite de 24, est retenue comme cotisée pour le minimum majoré.

À noter : le temps partiel ne pénalise pas vos trimestres, mais il réduit votre salaire moyen, donc le calcul de votre retraite de base et vos points Agirc-Arrco. C'est précisément le cas où le minimum contributif peut jouer.

Faut-il compter dessus pour sa retraite ?

Non. Le minimum contributif est un filet, pas un objectif. Au mieux, il garantit 903,94 € brut de retraite de base, et il ne vous fera jamais dépasser 1 410,89 € brut toutes retraites confondues, avant prélèvements sociaux. Pour comparaison, la pension moyenne de droit direct était de 1 705 € brut par mois fin 2024 (DREES).

Si vous avez une carrière hachée, la bonne question n'est pas « vais-je toucher le minimum ? », mais « combien me manquera-t-il pour vivre comme je le souhaite ? ». Pour le savoir, faites une estimation avec notre simulateur retraite : indiquez votre âge, votre salaire net actuel et votre statut, puis regardez l'écart entre la pension estimée et le revenu que vous visez. Vous pourrez ensuite voir combien épargner chaque mois pour le combler.

Pour aller plus loin : quelle retraite selon votre salaire net, comment vos points Agirc-Arrco se transforment en retraite et comment vérifier et corriger votre relevé de carrière.

En pratique

  • Téléchargez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr et comptez vos trimestres cotisés : êtes-vous au-dessus ou en dessous de 120 ?
  • Repérez les trous. Une année à temps très partiel sous 7 390 € brut, un job à l'étranger, une période non reportée : signalez-les tant que vous avez vos justificatifs.
  • Vérifiez votre âge du taux plein. C'est la condition numéro un : sans taux plein, pas de minimum.
  • Faites une estimation de votre retraite totale (base + complémentaire), pas seulement de la base.
  • Épargnez en complément, même modestement, si l'estimation est proche du minimum.

Questions fréquentes

Quel est le montant du minimum contributif en 2026 ?

Pour un départ en 2026 au taux plein, il est de 756,29 € brut par mois (9 075,50 € par an) si vous avez moins de 120 trimestres cotisés, et peut monter jusqu'à 903,94 € brut par mois (10 847,22 € par an) si tous les trimestres exigés sont cotisés. Il s'agit de la retraite de base seule, avant prélèvements sociaux.

Le minimum contributif est-il la même chose que le minimum vieillesse ?

Non. Le minimum contributif relève votre retraite de base si vous partez au taux plein, sans condition de ressources ni récupération sur succession. Le minimum vieillesse (Aspa) est une aide versée à partir de 65 ans sous conditions de ressources, jusqu'à 1 043,59 € par mois pour une personne seule en 2026, et récupérable sur la succession au-delà de 108 586,14 € d'actif net en métropole.

Faut-il faire une demande pour toucher le minimum contributif ?

Non, il est appliqué automatiquement par l'Assurance retraite lors du calcul de votre pension, si vous partez au taux plein et avez demandé toutes vos retraites. Son montant est ensuite plafonné pour que le total de vos pensions ne dépasse pas 1 410,89 € brut par mois en 2026. Ordre de grandeur pédagogique, pas un conseil personnalisé.

Recevez les prochaines analyses

Des chiffres à jour, des guides pratiques et les nouveautés du simulateur. Pas de promotion de produits financiers.