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DCA : investir chaque mois sans se soucier du bon moment

Le dollar cost averaging, ou versement programmé, consiste à investir la même somme à date fixe quel que soit le marché. Pourquoi ça marche psychologiquement, ce que disent les chiffres, et comment le mettre en place sur un PEA ou une assurance vie.

7 min de lecture · Mis à jour le

La question qui bloque le plus d'épargnants avant d'investir n'est pas « quoi acheter » mais « quand ». Est-ce le bon moment ? Les marchés ne sont-ils pas trop hauts ? Ne vaut-il pas mieux attendre la prochaine baisse ? Le DCA est la réponse à cette question, et c'est une réponse simple : on cesse de se la poser.

Le principe

DCA signifie dollar cost averaging, littéralement « moyenner le coût ». En français, on parle de versements programmés ou d'investissement progressif. La mécanique tient en une ligne : on investit le même montant à date fixe, quel que soit le cours. 200 € le 5 de chaque mois sur un ETF monde, pendant vingt ans.

La conséquence arithmétique est que l'on achète plus de parts quand le prix est bas et moins quand il est haut. Sur douze mois où le prix d'une part oscille entre 80 et 120 €, un versement fixe de 200 € achète 2,5 parts à 80 € et 1,67 part à 120 € ; le prix moyen payé est inférieur à la moyenne des prix. Ce n'est pas magique, c'est mécanique.

Ce que disent les chiffres

Soyons honnêtes sur un point que les promoteurs du DCA omettent souvent : si vous disposez d'une somme importante aujourd'hui, l'investir immédiatement fait mieux que l'étaler, dans environ deux cas sur trois. Les marchés actions montent plus souvent qu'ils ne baissent, donc attendre coûte en moyenne du rendement. Sur les données historiques du marché américain, l'investissement immédiat bat le DCA sur douze mois d'environ 2 points de performance en moyenne.

Mais la moyenne cache la dispersion. Dans le tiers restant, l'investisseur qui a tout placé la veille d'une baisse de 30 % a une expérience très différente de celui qui a étalé : le premier a souvent vendu au pire moment, et ne remettra jamais les pieds en bourse. Le DCA n'optimise pas le rendement espéré ; il optimise la probabilité de rester investi, qui est ce qui détermine le résultat final.

Pour l'épargne mensuelle, celle qui sort du salaire, la question ne se pose même pas : l'argent arrive chaque mois, on l'investit chaque mois. C'est du DCA par construction.

Pourquoi ça marche : la psychologie

Le principal risque d'un investisseur particulier n'est pas le marché, c'est lui-même. Les études sur le comportement des épargnants montrent un écart persistant de 1 à 2 points par an entre le rendement des fonds et le rendement obtenu par leurs porteurs, parce que ceux-ci achètent après les hausses et vendent après les baisses.

Le versement programmé supprime la décision. Il n'y a plus de « bon moment » à trouver, plus de gros titres à interpréter, plus de regret possible : le versement est parti le 5, comme le mois dernier. Les baisses changent de nature : elles ne sont plus une perte mais une promotion, un mois où les 200 € ont acheté davantage. C'est cette inversion mentale qui permet de traverser 2008 ou 2020 sans vendre.

Une règle simple. Si vous avez tendance à regarder vos placements tous les jours, le DCA est fait pour vous. Programmez le versement, désinstallez l'application, et regardez une fois par trimestre.

Comment le mettre en place

Sur un PEA, la plupart des courtiers en ligne proposent un « plan d'investissement programmé » : un virement automatique vers le compte-espèces et un ordre d'achat récurrent sur l'ETF de votre choix, souvent sans frais de courtage. À défaut, un virement mensuel plus un ordre passé à la main une fois par mois fait exactement la même chose.

Sur une assurance vie, l'option s'appelle « versements programmés » ou « versements libres programmés » : montant, date, répartition entre supports, et le contrat fait le reste. C'est aussi là que l'on règle la part de fonds euros et d'unités de compte selon l'horizon.

Sur un PER, même principe, avec l'avantage que le versement mensuel est déductible du revenu imposable (voir PER ou assurance vie ?).

Trois réglages comptent :

  1. Le montant. Celui que l'on peut tenir sans y penser, quitte à commencer bas. Le simulateur retraite donne le versement nécessaire pour combler votre écart de revenu à 64 ans ; si le chiffre est trop élevé, commencez par la moitié et augmentez chaque année.
  2. La date. Le lendemain de la paie. L'argent qui est parti n'est pas dépensé.
  3. L'indexation. Augmenter le versement de 2 à 3 % par an (ou de 10 % à chaque augmentation de salaire) maintient l'effort constant en pouvoir d'achat.

Et pour une grosse somme ?

Héritage, vente immobilière, prime exceptionnelle : si la somme représente plus d'un an d'épargne habituelle, l'étaler sur 6 à 12 mois est un compromis raisonnable entre l'espérance de rendement (qui pousse à investir tout de suite) et le risque de regret (qui pousse à étaler). Au-delà de douze mois, l'étalement coûte plus qu'il ne protège. Et l'épargne de précaution doit être constituée avant, sur des livrets, indépendamment de tout cela.

Ce que le DCA ne fait pas

Il ne rend pas un mauvais placement bon : programmer 200 € par mois sur un fonds à 2 % de frais reste une mauvaise idée (voir les frais). Il ne supprime pas le risque : un portefeuille d'ETF monde alimenté en DCA peut valoir 40 % de moins après deux ans de versements, avant de repartir. Et il ne dispense pas de sécuriser progressivement à l'approche de l'échéance : à cinq ans de la retraite, les versements vont vers le fonds euros, et une partie du capital accumulé aussi.

Sources

  • Vanguard, « Dollar-cost averaging just means taking risk later » (analyse historique investissement immédiat vs étalé).
  • Morningstar, « Mind the Gap » (écart entre rendement des fonds et rendement des investisseurs).
  • AMF, « Investir progressivement : les versements programmés ».

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le DCA ?

Le dollar cost averaging (en français : investissement programmé ou lissage) consiste à investir un montant fixe à intervalle régulier, par exemple 200 € chaque 5 du mois, quel que soit le niveau des marchés. On achète mécaniquement plus de parts quand les prix sont bas et moins quand ils sont hauts.

Vaut-il mieux investir une grosse somme d'un coup ou progressivement ?

Statistiquement, investir tout de suite fait mieux dans environ deux cas sur trois, parce que les marchés montent plus souvent qu'ils ne baissent. Mais le tiers restant expose à investir juste avant une baisse de 30 %, ce qui décourage définitivement beaucoup d'épargnants. Étaler une somme importante sur 6 à 12 mois est un compromis raisonnable ; pour l'épargne mensuelle, la question ne se pose pas : on investit au fil de l'eau.

Faut-il arrêter ses versements quand la bourse baisse ?

Non, c'est précisément le moment où le versement achète le plus de parts. Les investisseurs qui ont maintenu leurs versements pendant les baisses de 2008, 2020 ou 2022 ont acheté à bon compte ce qu'ils détiennent aujourd'hui. Suspendre pendant les baisses revient à n'acheter que quand c'est cher.

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