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Sauver mon épargne

Cumul emploi-retraite : les règles 2026, les plafonds, et ce que ça rapporte

Toucher sa pension et continuer à travailler : cumul intégral sans plafond si l'on a le taux plein, cumul plafonné sinon (160 % du SMIC ou dernier salaire), nouveaux droits depuis 2023, délai de six mois chez le même employeur. Les règles et un exemple.

Lecture : 7 min · Mis à jour le

Partir à la retraite ne signifie plus s'arrêter de travailler. Un retraité sur vingt cumule aujourd'hui une pension et un revenu d'activité, et le dispositif s'est assoupli avec la réforme de 2023 : il crée désormais de nouveaux droits. Pour beaucoup, c'est la manière la plus efficace de combler un écart de revenu, à condition de comprendre la différence entre cumul intégral et cumul plafonné.

Les deux régimes

Le cumul intégral : aucun plafond

Vous pouvez cumuler pension et revenus sans aucune limite si vous remplissez trois conditions cumulatives :

  1. avoir atteint l'âge légal (64 ans pour les personnes nées à partir de 1968) ;
  2. avoir obtenu le taux plein, soit par la durée d'assurance requise (172 trimestres pour les personnes nées à partir de 1965), soit automatiquement à 67 ans ;
  3. avoir liquidé toutes ses pensions, de base et complémentaires, en France et à l'étranger.

Dans ce cadre, un retraité peut reprendre n'importe quelle activité, salariée ou indépendante, y compris chez son dernier employeur, sans délai et sans plafond.

Le cumul plafonné : dans la limite du dernier salaire

Si l'une des conditions manque (départ anticipé sans taux plein, décote, une pension non liquidée), le cumul est possible mais encadré :

  • le total pension + nouveau revenu ne doit pas dépasser la moyenne des trois derniers mois de salaire avant la retraite, ou 160 % du SMIC (environ 2 917 € bruts par mois en 2026) si ce montant est plus favorable ;
  • pour reprendre chez le dernier employeur, un délai de six mois est obligatoire ;
  • en cas de dépassement, la pension est réduite du montant du dépassement, et cette réduction s'applique dans chaque régime concerné.

Pour les indépendants en cumul plafonné, la limite est de 50 % du plafond de la Sécurité sociale (24 030 € par an en 2026), portée à un PASS (48 060 €) dans les zones de revitalisation rurale et les quartiers prioritaires. Pour les professions libérales, un PASS. Pour les fonctionnaires, un tiers de la pension annuelle plus 8 198 €.

La nouveauté : des droits nouveaux

Avant septembre 2023, travailler à la retraite ne rapportait rien de plus : on cotisait à fonds perdus. Depuis, en cumul intégral, les cotisations versées ouvrent droit à une seconde pension, calculée sur cette nouvelle période d'activité, sans décote ni surcote, et plafonnée à 5 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit environ 2 400 € par an en 2026 (200 € par mois). Cette seconde pension est demandée séparément, une seule fois, et n'ouvre pas droit à une troisième. En cumul plafonné, rien ne change : les cotisations sont dues, aucun droit n'est créé.

Ce que ça rapporte : un exemple

Michel, 64 ans, part avec le taux plein et une pension totale de 1 900 € net. Il reprend une activité de conseil à mi-temps qui lui rapporte 1 500 € net par mois pendant trois ans.

  • Revenu mensuel pendant ces trois ans : 3 400 € net, contre 1 900 € sans activité. Il n'y a aucun plafond, puisqu'il est en cumul intégral.
  • Ses cotisations sur trois ans lui ouvrent une seconde pension de l'ordre de 70 € par mois (le plafond de 200 € par mois n'est atteint qu'avec un revenu élevé sur de nombreuses années).
  • S'il avait au contraire reporté son départ de trois ans en continuant à temps plein, sa pension de base aurait bénéficié d'une surcote de 15 % ; mais il aurait perdu trois années de pension (68 400 €) et travaillé à temps plein.

Le cumul est donc la solution de ceux qui veulent réduire leur activité sans réduire leur revenu ; le report de l'âge est celle de ceux qui veulent maximiser leur pension future. Le simulateur retraite permet de comparer les deux : la surcote y est modélisée par le coefficient d'âge (+5 % par an après 64 ans).

La fiscalité et les cotisations

Les revenus du cumul sont imposés normalement, ajoutés à la pension, ce qui peut faire changer de tranche. Les cotisations sociales salariales sont dues au taux habituel, y compris les cotisations retraite (qui créent des droits en cumul intégral seulement). Un point souvent ignoré : un retraité qui reprend une activité salariée n'est plus soumis à l'obligation de mutuelle d'entreprise s'il justifie d'une couverture, et un retraité en cumul intégral peut demander à être dispensé de cotiser à l'assurance chômage après 67 ans.

Les cas particuliers

Les activités sans plafond, même en cumul plafonné : activités artistiques, littéraires ou scientifiques, participation à des jurys, activités d'assistant maternel, hébergement en milieu rural, et quelques autres, listées par décret.

La retraite progressive est un dispositif différent : on perçoit une fraction de sa pension tout en travaillant à temps partiel (entre 40 et 80 %), dès 62 ans avec 150 trimestres, et on continue d'acquérir des droits complets. C'est souvent une meilleure transition que le cumul pour ceux qui n'ont pas encore le taux plein.

Les indépendants peuvent poursuivre leur activité après liquidation, ce qui est la forme la plus courante de cumul : réduire progressivement la clientèle tout en percevant la pension (voir Retraite des indépendants).

Ce qui se prépare pour 2027

La loi de financement de la Sécurité sociale a prévu une réforme du cumul emploi-retraite pour les départs à partir du 1er janvier 2027, dont les contours (notamment les conditions du cumul plafonné et le calcul des droits nouveaux) ne s'appliquent pas aux retraités déjà en cumul. Les règles décrites ici sont celles en vigueur en septembre 2026 ; pour un départ prévu en 2027 ou après, vérifiez les textes publiés d'ici là.

Sources

  • Code de la sécurité sociale, articles L. 161-22 à L. 161-22-1-5 (cumul emploi-retraite, nouveaux droits), D. 161-2-24 (plafond).
  • Assurance retraite, « Cumul emploi-retraite » : conditions 2026, plafonds (160 % SMIC, 2 917 € bruts), délai de six mois.
  • Loi du 14 avril 2023 de financement rectificative de la Sécurité sociale (création de droits nouveaux, plafond de 5 % du PASS).
  • Urssaf, PASS 2026 (48 060 €), SMIC horaire 2026 (12,02 €).

Questions fréquentes

Peut-on travailler tout en touchant sa retraite ?

Oui. Si vous avez liquidé toutes vos pensions et obtenu le taux plein (durée requise ou 67 ans), le cumul est intégral : aucun plafond de revenus. Sinon, le cumul est plafonné : le total pension plus salaire ne doit pas dépasser le dernier salaire d'activité ou 160 % du SMIC (environ 2 917 € bruts par mois en 2026), et il faut attendre six mois pour reprendre chez son dernier employeur.

Travailler à la retraite augmente-t-il sa pension ?

Depuis septembre 2023, oui, en cumul intégral : les cotisations versées créent de nouveaux droits, qui donnent lieu à une seconde pension, plafonnée à 5 % du plafond de la Sécurité sociale par an (environ 2 400 € en 2026). En cumul plafonné, les cotisations sont dues mais ne créent aucun droit.

Le cumul emploi-retraite est-il compatible avec le chômage ?

Un retraité qui perd son emploi de cumul peut percevoir l'allocation chômage jusqu'à 67 ans s'il remplit les conditions, la pension étant déduite en partie. Au-delà de 67 ans, le chômage n'est plus indemnisé.

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