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Compte-titres ordinaire : quand l'ouvrir et combien d'impôt à 31,4 % ?
Compte-titres ordinaire : sans plafond, mais vos gains y sont taxés à 31,4 %. Quand l'ouvrir après le PEA, et combien il vous coûte de plus, en euros.
7 min de lecture · Mis à jour le
Votre PEA est ouvert, votre assurance vie aussi. Et voilà qu'on vous parle d'un troisième compte pour investir en Bourse : le compte-titres. Il n'a ni plafond, ni délai à respecter, ni liste de placements autorisés. Seulement voilà, il n'a pas non plus d'avantage fiscal : depuis 2026, chaque gain y est taxé à 31,4 %. Pour 1 000 € gagnés, 314 € partent en impôt.
Un compte-titres, à quoi ça sert si vous avez déjà un PEA ?
Le compte-titres ordinaire, souvent appelé CTO, est l'enveloppe la plus simple pour détenir des placements en Bourse. Il fonctionne comme un compte bancaire, mais pour des titres.
Sa force, c'est sa liberté :
- Aucun plafond. Vous versez ce que vous voulez, quand vous voulez. Le PEA, lui, s'arrête à 150 000 € de versements.
- Tous les placements. Actions du monde entier, obligations, fonds, ETF (des fonds qui suivent un indice boursier) : tout peut y entrer. Le PEA est réservé aux actions européennes et aux fonds qui en détiennent au moins 75 %.
- Aucun délai. Vous retirez quand vous voulez, sans fermer le compte. Sur un PEA, un retrait avant 5 ans entraîne en principe la clôture du plan.
- Autant de comptes que vous voulez, seul ou à deux (compte joint), y compris pour un enfant mineur, géré par ses parents.
Sa faiblesse tient en une phrase : l'État ne vous fait aucun cadeau. Vos gains sont taxés au taux plein, chaque année où ils sont réalisés. Comme pour tout placement en actions, la valeur peut aussi baisser : le capital n'est jamais garanti.
Combien d'impôt allez-vous payer sur vos gains ?
Par défaut, vos gains supportent le prélèvement forfaitaire unique, souvent appelé « flat tax ». Il était de 30 %. Il est passé à 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, après la hausse de la CSG votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Beaucoup de pages en ligne affichent encore l'ancien chiffre.
Ce taux s'applique à deux types de gains :
- Les plus-values, c'est-à-dire la différence entre le prix de vente et le prix d'achat d'un titre. Elles sont taxées l'année de la vente, et seulement si vous vendez. Tant que vous gardez vos titres, vous ne payez rien.
- Les dividendes et les intérêts, taxés l'année où vous les touchez, même si vous les réinvestissez aussitôt.
Pour les dividendes, l'établissement prélève directement à la source. Sur 300 € de dividendes, il retient 38,40 € d'acompte d'impôt et 55,80 € de prélèvements sociaux : il vous reste 205,80 €. Si votre revenu fiscal de référence d'il y a deux ans est inférieur à 50 000 € (75 000 € pour un couple), vous pouvez demander à être dispensé de l'acompte, au plus tard le 30 novembre pour l'année suivante. Les prélèvements sociaux, eux, restent dus.
Une alternative existe : opter pour le barème progressif de l'impôt (case 2OP de la déclaration). Elle est en général intéressante si vous n'êtes pas imposable ou si votre taux marginal est de 11 %, car les dividendes bénéficient alors d'un abattement de 40 %. Pour les revenus 2026, vous pourrez renoncer à cette option si elle se révèle défavorable. Le sujet mérite un article à lui seul.
Même placement, trois enveloppes : que vous reste-t-il ?
Prenons Julie, 35 ans (cas type). Elle place 10 000 € en une fois sur un fonds en actions. Hypothèse : 5 % par an après les frais du fonds, ce qui n'est en rien garanti. Elle ne touche à rien, puis retire tout. Seule l'enveloppe change. Pour isoler l'effet de l'impôt, on suppose les mêmes frais partout et un fonds éligible au PEA.
Après 8 ans, son placement vaut environ 14 775 €, dont 4 775 € de gains.
| Où Julie a placé ses 10 000 € | Impôt sur ses gains après 8 ans | Ce qu'il lui reste après 8 ans | Ce qu'il lui resterait après 20 ans |
|---|---|---|---|
| Compte-titres (31,4 %) | 1 499 € | 13 275 € | 21 342 € |
| PEA de plus de 5 ans (18,6 %) | 888 € | 13 886 € | 23 458 € |
| Assurance vie de plus de 8 ans | 834 € | 13 940 € | 22 794 € |
Après 8 ans, le compte-titres lui coûte environ 610 € de plus que le PEA. Après 20 ans, l'écart dépasse 2 100 €, parce que les gains ont grossi. Retenez la règle : pour un placement de long terme en actions européennes, le compte-titres ne passe qu'après le PEA.
Ce tableau est même flatteur pour le compte-titres. Julie n'y vend jamais rien. Dans la vraie vie, chaque vente pour changer de fonds et chaque dividende déclenchent l'impôt en cours de route. Cet argent ne travaille plus pour vous. Dans un PEA ou une assurance vie, vous pouvez arbitrer sans payer d'impôt tant que l'argent reste dans l'enveloppe.
Dernier point, souvent oublié : les frais. Un compte-titres peut facturer des droits de garde, des frais de courtage à chaque ordre et des frais de transfert, alors que les frais du PEA sont plafonnés par la loi. Mesurez ce qu'ils vous coûtent dans le calculateur de frais (saisissez 10 000 € de départ, aucun versement mensuel, 8 ans).
Dans quels cas le compte-titres a-t-il vraiment du sens ?
Votre PEA est plein. Au-delà de 150 000 € versés, le compte-titres prend le relais pour les actions. C'est le cas le plus clair.
Vous voulez un placement qui n'entre pas dans le PEA. Une action américaine en direct, un fonds d'obligations, certains ETF : le PEA les refuse. Une assurance vie peut proposer des fonds équivalents, mais pas toujours ceux que vous visez.
Vous avez besoin de souplesse. Vous voulez pouvoir retirer une partie de votre argent dans 2 ou 3 ans sans fermer quoi que ce soit. Pensez aussi au risque : de l'argent dont vous aurez besoin à court terme n'a pas sa place en actions, quelle que soit l'enveloppe. Il relève plutôt de votre épargne de précaution.
Vous voulez investir à deux. Un PEA est forcément individuel. Un compte-titres peut être joint.
En dehors de ces cas, commencez par le PEA et l'assurance vie. Notre guide PEA ou assurance vie vous aide à choisir l'ordre.
Une perte peut-elle faire baisser vos impôts ?
Oui, et c'est le grand atout méconnu du compte-titres. Quand vous vendez un titre en perte, cette perte s'appelle une moins-value. Elle se déduit d'abord des plus-values de la même année.
Exemple : cette année, Julie vend un fonds avec 3 000 € de gain et une action avec 1 200 € de perte. Elle n'est taxée que sur 1 800 €, soit 565 € d'impôt au lieu de 942 €. Elle économise 377 €.
Si la perte dépasse les gains de l'année, le reste n'est pas perdu : il se reporte sur les 10 années suivantes, en commençant par les pertes les plus anciennes. Si Julie a 1 200 € de perte cette année et 2 000 € de gain dans deux ans, elle ne sera taxée que sur 800 €, soit 251 €.
Deux limites. Une moins-value ne se déduit pas de votre salaire, seulement de plus-values. Et dans un PEA, le mécanisme est différent : pertes et gains se compensent à l'intérieur du plan, et seul le résultat global compte à la sortie.
Erreur fréquente : ne pas reporter ses pertes sur la déclaration de revenus, faute de les avoir vues sur le récapitulatif fiscal envoyé par l'établissement. Elles sont alors oubliées, et l'économie avec.
En pratique
- Remplissez d'abord votre PEA si vous investissez en actions européennes sur le long terme.
- Ouvrez un compte-titres seulement si vous êtes dans l'un des cas ci-dessus : PEA plein, placement non éligible, besoin de souplesse, investissement à deux.
- Comparez les frais : droits de garde, courtage, transfert. Additionnez-les sur un an.
- Gardez chaque année votre récapitulatif fiscal et vérifiez le report des moins-values sur votre déclaration.
- Si votre revenu fiscal de référence est sous 50 000 € (75 000 € en couple), demandez la dispense d'acompte avant le 30 novembre.
Pour aller plus loin, lisez aussi notre guide sur le plafond et la fiscalité du PEA et celui sur les ETF MSCI World.
Ordre de grandeur pédagogique, pas un conseil personnalisé.
Questions fréquentes
Le compte-titres a-t-il un plafond ?
Non. Contrairement au PEA, limité à 150 000 € de versements, le compte-titres n'a aucun plafond, ni pour les versements ni pour les retraits. Vous pouvez aussi en ouvrir plusieurs, dans plusieurs établissements.
Quel est l'impôt sur une plus-value en compte-titres en 2026 ?
Par défaut, 31,4 % de la plus-value : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Pour 1 000 € de gain, vous payez 314 €. Vous pouvez opter pour le barème progressif si votre taux d'imposition est faible, mais les 18,6 % de prélèvements sociaux restent dus.
Faut-il payer des impôts si je ne vends rien ?
Sur les plus-values, non : elles ne sont taxées qu'au moment de la vente. En revanche, les dividendes et les intérêts sont taxés l'année où vous les touchez, même réinvestis : sur 300 € de dividendes, environ 94 € sont prélevés à la source.